Les pièges de l'achat par correspondance...

Véranda Magazine n° 14 - Avril / Juin 2008

Vous feuilletez tranquillement les pages d'un superbe catalogue édité par un grand nom de la vente par correspondance (VPC), et soudain c'est le coup de foudre ! La véranda de vos rêves s'étale sous vos yeux, son prix est attractif et l'on vous donne toutes les garanties : votre véranda sera livrée dans un délai record et montée par des professionnels de confiance. Pas une seconde d'hésitation : vous envoyez aussitôt votre bon de commande, accompagné d'un chèque bien entendu?
Madame et Monsieur Z. sont propriétaires depuis une quinzaine d'années d'un pavillon qu'ils ont su embellir au fil des ans. Ils ont aménagé une vaste terrasse extérieure qui prolonge idéalement leur salle de séjour, orientée plein sud. C'est très agréable en été de pouvoir prendre nos repas au soleil, et nos petits-enfants adorent y jouer se félicite Madame Z. Regrettant de ne pouvoir prolonger ces plaisirs en toute saison, le couple réfléchit depuis quelque temps à l'idée de construire une véranda qui rendrait leur terrasse utilisable toute l'année. Au hasard d'une foire-exposition, ils ont bien trouvé quelques modèles qui conviendraient à leurs attentes, mais ils ont toujours reculé devant le prix. Et voilà qu'une offre avantageuse sur catalogue vient à point nommé pour combler leurs v½ux ! Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que leur rêve va très vite tourner à la catastrophe?

Une véranda venue d'ailleurs

Quelques semaines après l'envoi du bon de commande, un technico-commercial se présente chez Monsieur et Madame Z. Il est chargé d'effectuer un métré succinct de la terrasse et promet la livraison et le montage dans les quarante-cinq jours. Comme sa véranda aura une surface légèrement inférieure à 20 m2, M. Z. est exonéré de permis de construire, mais il dépose néanmoins à la mairie une demande d'autorisation de travaux, qu'il obtiendra rapidement. Deux mois plus tard, ne voyant rien venir, M. Z. téléphone à la société de vente par correspondance : « Ils m'ont répondu qu'ils ne se chargeaient que de la prise des commandes et qu'ils sous-traitaient la fabrication et le montage à des entreprises extérieures » révèle M. Z., qui ne disposait que du numéro de téléphone portable de son fameux technico-commercial. Après de nombreux appels infructueux et autant de messages laissés sur le répondeur, M. Z. se prépare à envoyer un courrier recommandé à la société de VPC. C'est alors que le miracle se produit : avec près de trois mois de retard sur le planning annoncé, on vient enfin lui livrer le matériel !

Quinze jours d'attente seront encore nécessaires pour que l'équipe de montage soit à pied d'½uvre. Quarante-huit heures plus tard, tout est terminé, ou presque. Car M. Z. s'aperçoit qu'il manque deux poignées de porte ainsi que les capots des vis apparentes, et que l'un des profilés en aluminium laqué souffre une large rayure très inesthétique. En discutant avec ses deux monteurs, il apprend, à sa profonde stupéfaction, que les composants de sa véranda ont été fabriqués « à moindre coût » dans un pays de l'Est, et qu'il sera probablement long et difficile d'obtenir les pièces manquantes. Quant à la rayure, les deux « techniciens » se bornent à passer un coup de laque en bombe, d'un ton d'ailleurs légèrement différent, ce qui ne fait qu'accentuer le défaut ! Mécontent, M. Z. signale ces anomalies sur le constat de réception des travaux, dont il envoie une copie à la société qui lui a vendu sa véranda. Sans réponse !

De mal en pis

Plus d'un an après, Madame et Monsieur Z. attendent toujours leurs poignées de porte. Mais il y a plus grave : leur véranda n'a pas supporté l'hiver et des infiltrations ont commencé à se produire. Vers qui se tourner pour obtenir réparation ? L'installateur et la société de VPC se renvoient la balle. Comment faire jouer la garantie décennale, alors que le fabricant étranger, situé à mille kilomètres de là, n'est apparemment pas couvert ? M. Z. prend conscience, un peu tard, qu'il n'aurait peut-être pas dû commander sa véranda comme on s'achète une paire de pantoufles, par correspondance !

Décider d’investir dans une véranda est un choix important et relativement onéreux, qui ne peut se réaliser sur un coup de tête ou à la seule vue d’un beau catalogue. Cet acheteur, qui a accepté de nous conter sa mésaventure, s’est laissé séduire au hasard d’une foire-exposition par des propositions de vente par correspondance. Mal lui en a pris : sa véranda a été fabriquée « à moindre coût » dans un pays d’Europe Centrale et le montage assuré en sous-traitance par une entreprise non spécialisée. Avec au final, des défauts et des malfaçons dont le fabricant et le monteur se rejettent simultanément la responsabilité.